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Que manger en Iran : plats typiques et spécialités iraniennes

Dan Špaňhel Mis à jour Aucun commentaire

La cuisine iranienne compte parmi les plus anciennes et les plus raffinées du monde. Les plats d'Iran (la Perse) se distinguent par leurs saveurs équilibrées, leur finesse et une préparation méticuleuse. La cuisine iranienne reflète la riche histoire du pays, sa diversité géographique et les influences des cultures et des peuples voisins.

Plat iranien typique : kabab koobideh (viande hachée grillée au feu) avec du riz, des herbes et des légumes.
Plat iranien typique : kabab koobideh (viande hachée grillée au feu) avec du riz, des herbes et des légumes.

Les ingrédients typiques de la cuisine iranienne sont le riz, la viande (surtout l'agneau, le mouton et le poulet), les herbes fraîches, la grenade, le safran, le curcuma, les pistaches, les amandes et les fruits secs. Les ingrédients aromatiques comme l'eau de rose, le citron vert et la cardamome y jouent un grand rôle. Les plats iraniens sont réputés pour leur équilibre précis entre saveurs sucrées, acides et épicées.

Les Iraniens tiennent beaucoup à l'aspect visuel de leurs plats. On les décore souvent d'herbes colorées, de graines de grenade ou de pistaches.

La cuisine iranienne fait partie intégrante de la culture du pays et reflète l'hospitalité iranienne traditionnelle. Les invités trouvent en général une table richement garnie, avec quantité de plats, du thé et des douceurs.

Les plats iraniens typiques

Parmi les plats iraniens typiques, on trouve le chelow kebab (de la viande grillée en brochette, servie avec un riz au safran bien grainé). Les différentes sortes de kebabs sont très appréciées : koobideh (viande hachée en brochette), barg (fines tranches de viande marinée) ou joojeh (poulet mariné et grillé). Autre plat iranien typique, le fesenjan est un ragoût épais de noix moulues, de jus de grenade et de viande, au goût aigre-doux prononcé.

Les plats de riz occupent eux aussi une place de choix, par exemple le tahchin (riz en couches avec du safran, du yaourt et du poulet). La soupe épaisse ash reshteh, à base de légumineuses, de nouilles, d'herbes et de légumes, est également très appréciée.

Le plat national iranien

Le plat national iranien est le ghormeh sabzi. Le ghormeh sabzi fait partie des plats iraniens les plus traditionnels et il est apprécié dans tout le pays. La base, ce sont des herbes fraîchement hachées (persil, coriandre, menthe, poireau), auxquelles s'ajoutent des haricots, des citrons verts séchés (limoo amani) et de la viande coupée en petits morceaux. Le ghormeh sabzi mijote lentement pendant plusieurs heures, le temps que les saveurs se marient parfaitement et que naisse son acidité caractéristique. Il se sert traditionnellement avec du riz. Le ghormeh sabzi est considéré comme le plat qui symbolise la cuisine iranienne.

Ash-e shooli : soupe iranienne acidulée, spécialité régionale de la ville de Yazd.
Ash-e shooli : soupe iranienne acidulée, spécialité régionale de la ville de Yazd.

Que goûter en Iran

  • Chelow kabab. Agneau, poulet ou bœuf grillé en brochette, servi avec un riz arrosé de beurre et des tomates grillées. L'un des symboles de la cuisine iranienne.
  • Ghormeh sabzi. Viande mijotée aux herbes (persil, coriandre, menthe, poireau), avec des haricots et des citrons verts séchés. Considéré comme le plat national iranien, il est typique des campagnes et des fêtes de famille.
  • Fesenjan. Viande mijotée (poulet, canard ou autre) dans une sauce de noix concassées et de jus de grenade. Il rappelle vaguement le goulasch d'Europe centrale.
  • Ash reshteh. Soupe épaisse aux nouilles, haricots, herbes et petit-lait fermenté (kashk).
  • Zereshk polo ba morgh. Poulet mijoté avec du riz et des baies d'épine-vinette acidulées, un plat des grandes occasions.
  • Tahchin. Riz gratiné au yaourt, safran et poulet, connu pour sa croûte dorée et croustillante du fond (tahdig), spécialité de Téhéran et du centre de l'Iran.
  • Khoresht gheimeh. Plat de viande, pois cassés jaunes, tomates et citrons verts séchés, souvent servi pendant les fêtes religieuses.
  • Sangak. Le pain national iranien. Il cuit dans un four spécial, sur de petits galets.
  • Dizi/Abgoosht. Ragoût épais d'agneau aux pois chiches et pommes de terre, cuit dans des pots en terre traditionnels (dizi). On l'écrase avec un pilon spécial.
  • Mirza ghasemi. Plat d'aubergines rôties, d'ail, de tomates et d'œufs, typique du nord de l'Iran, en particulier de la province du Gilan.
  • Kashk-e bademjan. Aubergine au petit-lait fermenté (kashk), menthe séchée et ail, une entrée végétarienne appréciée dans tout le pays.
  • Baghali polo ba Mahiche. Riz à l'aneth, aux fèves et au jarret d'agneau, plat de fête des familles iraniennes.
  • Kuku sabzi. Omelette aux herbes fraîches, appréciée lors des fêtes persanes.
  • Mast-o khiar. Sauce au yaourt avec concombre, menthe et raisins secs, souvent servie en accompagnement rafraîchissant pendant les chaudes journées d'été.
  • Salad Shirazi. Salade simple de concombres, tomates et oignons avec une vinaigrette au citron, nommée d'après la ville de Chiraz.
  • Ash-e doogh. Soupe à base de la boisson au yaourt "doogh", d'herbes et de légumineuses, populaire dans le nord-ouest de l'Iran, surtout à Ardabil.
  • Doogh. Boisson rafraîchissante au yaourt et à la menthe, très populaire dans tout l'Iran pour accompagner le repas.
  • Sharbat-e sekanjabin. Sirop rafraîchissant au sucre, à la menthe et au vinaigre, traditionnellement servi en été pour se rafraîchir.
  • Bastani sonnati. Glace persane traditionnelle au safran, à l'eau de rose et aux pistaches, appréciée dans tout le pays.
  • Faloodeh Shirazi. Dessert de vermicelles glacés à l'eau de rose et au citron vert ; cette variante vient de Chiraz.
  • Gaz. Nougat aux pistaches, amandes et eau de rose, typique de la ville d'Ispahan.
  • Sohan. Douceur croustillante au safran, au sucre et aux pistaches, traditionnellement associée à la ville de Qom.
  • Lavashak. Pâtes de fruits séchées aux parfums les plus variés, une friandise maison très appréciée des familles iraniennes.
  • Sholeh zard. Dessert au riz, au safran et à l'eau de rose, préparé traditionnellement pendant les fêtes religieuses.
  • Halva zard. Dessert à base de farine, de beurre, de sucre et de safran, qui peut rappeler une bouillie épaisse. Il se mange aussi tiède.
  • Zoolbia & Bamieh. Beignets sucrés nappés de sirop, très populaires pendant le ramadan.
  • Nan khamei. Pâtisserie iranienne à la crème, proche du chou à la crème, appréciée dans les cafés de Téhéran.
  • Barbari. Pain iranien traditionnel cuit au four à pierre, présent chaque matin sur la table de nombreux Iraniens.
  • Gheymeh nesar. Plat de fête au riz, à la viande, aux pistaches, aux amandes et à l'écorce d'orange, spécialité de la ville de Qazvin.
  • Ash-e mast. Soupe au yaourt avec du riz, des herbes et des légumineuses, typique d'Ispahan.
  • Kale pache. Tête et pieds de mouton bouillis, un plat traditionnel du petit-déjeuner, très apprécié.
  • Loobia polo. Riz mijoté avec des haricots verts, des tomates et de la viande, un plat courant de la cuisine familiale.
  • Reshteh polo. Riz aux nouilles grillées, à la viande et aux raisins secs.
  • Albaloo polo. Riz aux griottes et au poulet, apprécié pour son goût aigre-doux, originaire du nord de l'Iran.
  • Ash-e jo. Soupe à l'orge et aux herbes, typique des régions froides de l'ouest de l'Iran.
  • Khoresh karafs. Plat de céleri branche, de viande et d'herbes, un classique de la cuisine maison.
  • Khoresh-e beh. Viande mijotée aux coings, un plat typiquement automnal.
  • Masghati. Dessert à l'eau de rose, à l'amidon et aux pistaches, spécialité de la ville de Chiraz.
  • Kak-e Yazdi. Petits gâteaux sucrés typiques de la ville de Yazd, populaires pendant les fêtes iraniennes.
  • Halim. Bouillie épaisse traditionnelle à base de blé et d'agneau longuement mijoté, parfumée à la cannelle, appréciée comme petit-déjeuner nourrissant, surtout dans les régions plus froides de l'Iran, par exemple à Tabriz.
  • Taftoon. Pain rond, simple et moelleux, proche du lavash. En Iran, il se mange au quotidien.
  • Qottab. Petits gâteaux sucrés frits, fourrés d'un mélange de noix et d'amandes, spécialité traditionnelle de la ville de Yazd, souvent préparée et servie pendant les fêtes persanes.
  • Pashmak. Barbe à papa iranienne à la texture fine et aux parfums variés, typique de Yazd, où on la fabrique encore traditionnellement à la main.
  • Koloocheh. Biscuits ou petits gâteaux fourrés aux dattes ou à différentes noix, qui existent en de nombreuses variantes régionales ; les plus connus viennent du nord de l'Iran, en particulier des villes de Lahijan et Fuman.
Plat iranien typique : kabab (viande grillée au feu), mast-o musir (sauce au yaourt), sabzi khordan (un bol d'herbes fraîches) et du pain.
Plat iranien typique : kabab (viande grillée au feu), mast-o musir (sauce au yaourt), sabzi khordan (un bol d'herbes fraîches) et du pain.

Les boissons iraniennes typiques

Parmi les boissons iraniennes les plus appréciées et les plus emblématiques figure le thé, qui fait partie intégrante du quotidien des Iraniens. En Iran, le thé se boit noir, souvent très sucré. Il se sert dans de petits verres appelés "estekan" et s'accompagne en général de morceaux de sucre ou de nabat, un sucre particulier obtenu par cristallisation d'eau sucrée.

Thé iranien avec du sucre nabat. En arrière-plan, des biscuits typiques de la ville de Yazd.
Thé iranien avec du sucre nabat. En arrière-plan, des biscuits typiques de la ville de Yazd.

En Iran, boire le thé est un moment de convivialité et une marque d'hospitalité. On en offre aux invités à chaque visite, et dans les bazars comme dans les boutiques, il est tout naturel qu'on serve un thé aux clients.

Autre boisson très appréciée, le sharbat est une boisson froide traditionnelle préparée à partir d'un sirop de fruits, de fleurs ou d'herbes. Les plus courants sont les sharbats à la rose, à la violette, à la menthe, au citron vert ou à la grenade.

Une boisson iranienne à ne pas manquer : le doogh, rafraîchissant et à base de yaourt. Le doogh ressemble à l'ayran turc, mais on le sert avec de la menthe séchée.

Doogh au yaourt et une douceur appelée gosh-e fil. Une combinaison typique d'Ispahan.
Doogh au yaourt et une douceur appelée gosh-e fil. Une combinaison typique d'Ispahan.

Les jus de fruits sont eux aussi très populaires en Iran, surtout le jus de grenade, considéré comme un élixir de santé. La grenade a une signification particulière dans la culture iranienne : elle symbolise la fertilité et l'abondance.

Café 100 % arabica dans un café iranien plutôt haut de gamme à Ispahan. Prix : 300 000 IRR (0,35 EUR, février 2025).
Café 100 % arabica dans un café iranien plutôt haut de gamme à Ispahan. Prix : 300 000 IRR (0,35 EUR, février 2025).

En Iran, on boit aussi du café, même s'il est moins répandu que le thé. Dans les grandes villes, vous tomberez sur des baristas très bien équipés, capables de préparer un café remarquable.

Préparation d'un espresso dans un café de rue à Ispahan, en Iran. Je ne m'attendais vraiment pas à y voir un outil WDT (Weiss Distribution Technique). Cet espresso 100 % arabica coûtait lui aussi 300 000 IRR (0,35 EUR, février 2025).
Préparation d'un espresso dans un café de rue à Ispahan, en Iran. Je ne m'attendais vraiment pas à y voir un outil WDT (Weiss Distribution Technique). Cet espresso 100 % arabica coûtait lui aussi 300 000 IRR (0,35 EUR, février 2025).

Le meilleur de la cuisine iranienne

S'il me fallait choisir mes trois préférés, les meilleurs plats iraniens sont pour moi :

  1. Joojeh kabab. La viande grillée fait partie de mes plats préférés, et le kebab iranien au poulet mariné est à mes yeux le meilleur que j'aie jamais mangé (oui, il surpasse même le khorovats arménien).
  2. Sabzi khordan. Ce bol iranien d'herbes fraîches, avec un morceau d'orange et de l'oignon doux, complète à merveille presque tous les plats grillés. Il suffit de goûter une fois au sabzi khordan pour l'adorer.
  3. Kale pache. Oui, j'aime les plats hors norme, et le kale pache en est un. C'est gras, mais nourrissant, et la viande est merveilleusement fondante. Le bouillon et le pain sangak tout juste sorti du four le complètent à la perfection.

Comment profiter pleinement de la cuisine iranienne

  • Goûtez le riz persan traditionnel. Les Iraniens sont extrêmement fiers de leur riz. Essayez les différentes variantes, comme le chelow (riz blanc), le zereshk polo (riz aux baies d'épine-vinette) ou le sabzi polo (riz aux herbes). N'oubliez pas la couche de riz croustillante du fond de la marmite, qu'on appelle tahdig.
  • Offrez-vous un kabab. Les kebabs iraniens sont réputés. Ils grillent sur des braises et se servent avec du riz ou une galette de pain et une tomate grillée.
  • Savourez les incroyables sauces et viandes mijotées d'Iran. Le pays est célèbre pour ses plats de viande longuement mijotés dans des sauces généreuses. Essayez le ghormeh sabzi (ragoût aux herbes), le fesenjan (viande en sauce de noix et de grenade) ou le gheimeh (viande aux pois cassés jaunes et aux citrons verts séchés).
  • Goûtez toute la palette des accompagnements et des entrées. La cuisine iranienne en propose une infinité, tous plus savoureux les uns que les autres. Commandez un mirza ghassemi (aubergine aux tomates et aux œufs), un kashk bademjan (aubergine au yaourt) ou le fameux borani aux épinards.
  • Gardez de la place pour le dessert. L'Iran regorge de desserts délicieux. Essayez le sholeh zard (riz au lait au safran), le ranginak (gâteau aux dattes) ou différents biscuits comme les nan-e berenji (biscuits à la farine de riz).
  • Accompagnez votre repas d'un thé noir iranien. À chaque repas, on vous sert une tasse de thé noir bien fort. Selon la tradition, le thé symbolise l'amitié.
  • Si vous le pouvez, faites-vous préparer un repas par des habitants du pays. C'est chez l'habitant que la cuisine iranienne est la plus authentique. Les Iraniens sont extrêmement hospitaliers et seront ravis de vous faire découvrir leur cuisine. Lors des invitations, n'oubliez pas le jeu de politesse qu'est le "taarof".
Beryani : viande d'agneau hachée sur une galette de pain. Spécialité régionale de la ville d'Ispahan.
Beryani : viande d'agneau hachée sur une galette de pain. Spécialité régionale de la ville d'Ispahan.

Cuisine iranienne ou persane ?

La cuisine iranienne et la cuisine persane passent souvent pour synonymes, alors qu'il existe en réalité quelques différences entre les deux.

La cuisine persane renvoie aux traditions et aux plats de la Perse antique, centre d'une puissante civilisation bien avant la naissance de l'Iran moderne. Le terme s'emploie souvent dans un contexte historique et culturel : il désigne une cuisine enracinée dans l'empire antique, qui a marqué jusqu'aux régions voisines comme l'Asie centrale, le Caucase, l'Inde et le Proche-Orient. En Occident, "cuisine persane" est souvent synonyme de cuisine iranienne, parce qu'on l'associe traditionnellement à une culture riche, à l'art et au raffinement de plats comme le kebab koobideh, le ghormeh sabzi ou le fesenjan. Employer ce nom, c'est souvent souligner l'ancienneté des recettes.

En revanche, la cuisine iranienne désigne celle de l'Iran d'aujourd'hui, État successeur de l'Empire perse antique. C'est une appellation moderne, liée au nom géopolitique "Iran". La cuisine iranienne englobe non seulement la cuisine "persane" traditionnelle, mais aussi les cuisines régionales des différents groupes ethniques qui vivent sur le territoire de l'Iran actuel : Azéris, Kurdes, Arabes, Baloutches, Turkmènes ou Lors. Le terme couvre donc une diversité géographique et ethnique plus large. Des spécialités régionales comme le dizi, l'ash reshteh ou les plats de la région du Khouzistan sont des exemples typiques de la cuisine iranienne.

En pratique, les deux termes sont pourtant souvent interchangeables et désignent la même chose, surtout dans un usage informel.

Sholeh zard : riz au lait au safran. L'un des desserts iraniens les plus célèbres.
Sholeh zard : riz au lait au safran. L'un des desserts iraniens les plus célèbres.

Les grands chefs iraniens

  • Najmieh Batmanglij (1947). Elle est l'une des plus grandes ambassadrices de la cuisine iranienne dans le monde. Née à Téhéran, elle s'est installée plus tard aux États-Unis, où elle a écrit des livres de cuisine et fait connaître la cuisine iranienne traditionnelle. Son ouvrage le plus connu, "Food of Life: Ancient Persian and Modern Iranian Cooking and Ceremonies", est considéré comme l'une des meilleures publications sur la cuisine persane. Najmieh s'attache surtout à relier les recettes traditionnelles à leurs racines culturelles et historiques.
  • Hoss Zare. Chef irano-américain réputé, né en 1964 à Tabriz et installé plus tard à San Francisco. Il a commencé sa carrière en Californie, où il est devenu chef de plusieurs restaurants prestigieux. Il doit sa notoriété à son restaurant Fly Trap, où il a marié les saveurs persanes à la cuisine californienne moderne. Hoss Zare était connu pour sa passion : combiner les ingrédients persans traditionnels (safran, eau de rose ou citrons verts séchés) avec des techniques modernes.
  • Samin Nosrat (1979). Cheffe, autrice et personnalité de télévision irano-américaine. Samin s'est fait connaître avec son livre "Salt, Fat, Acid, Heat", devenu un best-seller et adapté par Netflix en une série à succès (oui, moi aussi je l'ai regardée 😊).

L'Iran et l'alcool

L'Iran est une république islamique où, pour la majorité de la population, la consommation d'alcool est interdite. Cette interdiction découle de la charia, le droit islamique, qui considère l'alcool comme haram (interdit). Elle porte non seulement sur la consommation, mais aussi sur la production, la distribution et la vente de boissons alcoolisées. Les mêmes règles valent pour les touristes et pour les habitants. Enfreindre cette loi peut entraîner de lourdes peines.

La bière sans alcool est autorisée en Iran. La marque Hey Day compte parmi les plus appréciées.
La bière sans alcool est autorisée en Iran. La marque Hey Day compte parmi les plus appréciées.

Il existe cependant des exceptions. La loi autorise les minorités religieuses, comme les chrétiens, les juifs et les zoroastriens, à consommer de l'alcool. Ces personnes peuvent en boire lors des cérémonies religieuses et en privé, mais sa distribution en dehors de ces communautés est strictement interdite.

Ces dernières années, le marché de la bière sans alcool et des boissons à base de raisin se développe en Iran. Ces produits ont souvent un emballage très proche de celui de leurs équivalents alcoolisés, mais titrent moins de 0,5 % d'alcool, ce que la loi iranienne tolère. La bière sans alcool est particulièrement appréciée en Iran et se décline en de nombreux parfums.

Plutôt que de l'alcool, goûtez le doogh, la boisson locale au yaourt.
Plutôt que de l'alcool, goûtez le doogh, la boisson locale au yaourt.

Les prix et le paiement dans les restaurants iraniens

Les prix des restaurants iraniens sont très bas pour un visiteur européen. L'Iran est une destination abordable, où vous pouvez vous offrir une bonne cuisine pour une fraction de ce que vous paieriez en Europe. Au moment de payer, gardez toutefois en tête quelques points importants.

Le rial iranien et le toman
La monnaie officielle de l'Iran est le rial iranien (IRR), une monnaie très faible (fin février 2025, 1 USD valait environ 900 000 IRR). Dans le langage courant et au moment de payer, on utilise donc souvent le toman, une unité non officielle qui vaut 10 rials iraniens. Quand le serveur vous annonce une addition de 90 000 tomans, cela fait donc en réalité 900 000 rials iraniens.

L'argent liquide est indispensable
Les cartes de paiement internationales comme Visa ou Mastercard ne fonctionnent pas en Iran, du fait de son isolement. L'argent liquide y est donc absolument indispensable. Il faut arriver avec assez d'EUR ou d'USD et changer son argent sur place contre des IRR. À la banque iranienne BPI, vous pouvez obtenir sans inscription compliquée une carte prépayée locale, la recharger et l'utiliser pour payer, si cela vous arrange.

En Iran, on peut payer par carte locale absolument partout. Fait curieux : l'acheteur donne souvent au vendeur non seulement sa carte, mais aussi directement son code PIN.
En Iran, on peut payer par carte locale absolument partout. Fait curieux : l'acheteur donne souvent au vendeur non seulement sa carte, mais aussi directement son code PIN.

Le pourboire dans les restaurants iraniens et le taarof

En Iran, le pourboire n'est pas obligatoire, mais si le service vous a plu, il sera apprécié. Dans les restaurants iraniens, on laisse en général entre 5 et 10 % du total.

Il faut savoir qu'en Iran s'applique un principe culturel appelé "taarof". Cette coutume consiste à refuser poliment ce qu'on vous offre, un pourboire par exemple, en signe de respect et d'humilité. Le serveur peut donc refuser le pourboire en disant que "ce n'est pas nécessaire", ou affirmer qu'il fait son travail "gratuitement". C'est au fond une sorte de "jeu de politesse". Face au taarof, l'usage veut qu'on insiste poliment à plusieurs reprises, par exemple sur son intention de laisser un pourboire. Après quelques échanges, l'autre finit généralement par accepter. Le taarof est profondément ancré dans la culture iranienne et témoigne de la bienveillance et du respect mutuel. Vous le rencontrerez bien sûr aussi en dehors des restaurants.

En Iran, vous pouvez goûter une multitude de gâteaux différents. Le koloocheh Fuman compte parmi mes préférés.
En Iran, vous pouvez goûter une multitude de gâteaux différents. Le koloocheh Fuman compte parmi mes préférés.

Le calendrier persan et les dates de péremption

L'Iran utilise le calendrier persan, décalé de 621 ans (ou 622) par rapport au calendrier grégorien. Son point de départ est l'année 622 apr. J.-C., celle de l'Hégire (le départ du prophète Mahomet de La Mecque vers Médine). Le nouvel an persan commence à l'équinoxe de printemps (en 2025, c'était le 20 mars).

Sur les produits alimentaires iraniens, la date de fabrication (تاریخ تولید) et la date de péremption (تاریخ انقضا) suivent donc ce calendrier, en général au format AAAA/MM/JJ ou JJ/MM/AAAA. La date "1404/01/03" du calendrier persan correspond par exemple au 23 mars 2025 du calendrier grégorien.

De façon très simplifiée, on passe donc du calendrier persan au grégorien en ajoutant 621 ou 622 à l'année persane.

Cette purée de pistaches iranienne a été fabriquée le 1403/10/17 du calendrier persan, ce qui correspond au 8 janvier 2025 du calendrier grégorien. Elle se conserve jusqu'au 1404/10/17, soit le 7 janvier 2026. Sa durée de conservation est donc exactement d'un an à partir de la date de fabrication.
Cette purée de pistaches iranienne a été fabriquée le 1403/10/17 du calendrier persan, ce qui correspond au 8 janvier 2025 du calendrier grégorien. Elle se conserve jusqu'au 1404/10/17, soit le 7 janvier 2026. Sa durée de conservation est donc exactement d'un an à partir de la date de fabrication.

À savoir sur la cuisine iranienne

  • L'Iran est le premier producteur de pistaches au monde. Il assure environ la moitié de la production mondiale. Les pistaches iraniennes sont considérées comme les meilleures qui soient.
  • L'Iran est le premier producteur de safran au monde. Le safran iranien est apprécié pour sa grande qualité et pour l'intensité de son parfum et de son goût. En Iran, il sert à relever les plats, mais aussi à les colorer en jaune.
  • Le pain iranien traditionnel sangak cuit sur de petits galets. Ceux-ci chauffent dans le four et la pâte est posée directement dessus, ce qui donne au pain une texture et un goût particuliers. Le sangak est le pain le plus apprécié d'Iran.
  • L'Iran est l'un des rares pays au monde où l'on produit encore de l'eau de rose traditionnelle. Dans la cuisine iranienne, elle parfume les desserts, les boissons et jusqu'aux plats de viande. L'eau de rose iranienne est appréciée pour sa grande qualité et son parfum intense.
  • Les plus vieilles sauces du monde. Les sauces iraniennes (khoresh) - comme le célèbre fesenjan, à la grenade et aux noix - ont des racines vieilles de plusieurs milliers d'années. On les considère comme les ancêtres du principe moderne qui associe le sucré et le salé.
  • L'Iran a une longue tradition de la viande grillée. Les historiens s'accordent à dire que le kebab tel qu'on le connaît aujourd'hui est probablement d'origine perse. Griller la viande était déjà courant à l'époque du premier Empire perse (550-330 av. J.-C.), comme le confirment les fouilles archéologiques. Les kebabs persans, par exemple le koobideh (viande hachée en brochette), restent très populaires.
  • L'Iran est le berceau de la glace. La première forme connue de glace est apparue dans la Perse antique vers 400 av. J.-C. On conservait la glace dans des "yakhchāl" (dômes de glace traditionnels) et on la mélangeait à des jus de fruits ou à du safran. Cette tradition a ensuite été reprise et perfectionnée par d'autres cultures (une envie de gelato italien vous prend soudain ? 😁)
  • La cuisine iranienne utilise une épice particulière appelée "golpar" (fruits séchés de la berce de Perse). Son parfum et son goût citronnés sont très marqués et elle relève les plats de riz, les soupes, les sauces et la viande.
  • Le premier plat iranien envoyé dans l'espace a été le ghormeh sabzi (ragoût aux herbes). L'astronaute irano-américaine Jasmin Moghbeli a posé avec lui.
Safran iranien. L'Iran en est le premier producteur mondial.
Safran iranien. L'Iran en est le premier producteur mondial.

Profitez de l'Iran et du meilleur de sa cuisine !

Dan Špaňhel

Dan Špaňhel

Je suis Dan. Je n'écris que sur ce que j'ai goûté moi-même - du stand de rue à l'étoile Michelin. Pour la bonne cuisine, j'ai parcouru la moitié du monde et j'ai tout essayé - même l'impossible.

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Iran

Kabab : la viande iranienne grillée sur le feu

Le kabab iranien, c'est de la viande en brochettes, grillée à la flamme ou sur des braises. Il constitue la base de la cuisine iranienne. Parmi les variantes les plus connues figurent le kabab koobideh à la viande hachée, le joojeh kabab au poulet mariné ou le kabab barg en fines tranches de viande. Le kabab se sert traditionnellement avec du riz parfumé au safran ou une galette de pain fraîche, des tomates grillées, des herbes et une sauce au yaourt.

Iran

Beryani : agneau haché sur galette de pain

Le beryani est un plat régional d'Ispahan : de l'agneau haché qui, une fois assaisonné d'épices aromatiques, est grillé dans de petites poêles spéciales et servi sur le sangak, le pain iranien traditionnel. Le plat comprend aussi du poumon d'agneau haché. On l'accompagne d'herbes fraîches (sabzi khordan) et du doogh, une boisson au yaourt rafraîchissante.

Iran

Sabzi khordan : l'accompagnement iranien traditionnel aux herbes fraîches

Sabzi khordan est un accompagnement iranien traditionnel composé d'herbes fraîches et de légumes crus. Le nom signifie littéralement "des herbes à manger" ; une assiette typique peut réunir menthe, basilic, coriandre, persil, estragon et cresson, mais aussi radis, oignon doux ou agrumes. Sans le sabzi khordan, la cuisine iranienne ne serait plus tout à fait elle-même.

Iran

Sholeh zard : le pudding de riz iranien au safran

Le sholeh zard est un dessert iranien traditionnel à base de riz, de safran, de sucre et d'eau de rose. Sa couleur jaune éclatante ne passe pas inaperçue. Le sholeh zard plonge ses racines loin dans l'histoire perse et reste étroitement lié aux occasions religieuses et festives : le ramadan, les mariages ou le Nouvel An iranien. C'est l'un de mes desserts iraniens préférés.

Iran

Ash-e shooli : la soupe iranienne traditionnelle de la ville de Yazd

L'ash-e shooli, soupe iranienne traditionnelle de la ville de Yazd, fait partie des trésors culinaires du centre de l'Iran. Cette soupe épaisse et nourrissante doit son excellent goût à l'association d'herbes fraîches, d'épinards, de betterave rouge, de légumineuses, d'oignon et d'ail. On la relève toujours d'un trait de vinaigre, qui lui donne une acidité délicate.

Iran

Adasi : le petit-déjeuner iranien traditionnel aux lentilles

L'adasi est un plat iranien traditionnel aux lentilles, apprécié avant tout comme petit-déjeuner chaud et nourrissant. Ce plat simple et nutritif se prépare avec des lentilles, de l'oignon, du curcuma, du sel, du poivre, de l'huile et de l'eau ; la cannelle et le jus de citron frais en relèvent la saveur. L'adasi se sert brûlant avec du pain iranien et on l'apprécie surtout pendant les mois froids. Il en existe de nombreuses variantes régionales.

Iran

Taftoon : le pain le plus courant d'Iran

Le taftoon compte parmi les pains les plus anciens et les plus répandus d'Iran. Ce pain fin et légèrement souple se prépare avec de la farine de blé, de l'eau, de la levure et du sel. Une fois levée, la pâte est abaissée à la main en galettes que l'on cuit traditionnellement sur les parois d'un four tandoor brûlant. Les boulangeries modernes utilisent souvent des fours rotatifs, qui permettent d'en produire de plus grandes quantités. Le taftoon existe en de nombreuses variantes.

Iran

Sangak : le pain national iranien

Le sangak est un pain complet traditionnel iranien. Son nom vient du mot persan "sang" (pierre) et renvoie à sa cuisson si particulière, sur des galets brûlants. Ce pain fin et allongé mesure 70 - 80 cm, ses bords sont irréguliers et sa surface porte des creux caractéristiques. Le sangak se sert frais, souvent encore tiède, et fait partie intégrante de la cuisine iranienne.

Iran

Qottab : la pâtisserie iranienne frite fourrée aux fruits secs

Le qottab est une pâtisserie sucrée traditionnelle d'Iran, faite d'une pâte fine fourrée d'un mélange de fruits secs et d'épices. Cette douceur vient de la ville de Yazd, où on la prépare depuis des générations et où elle est incontournable lors des fêtes religieuses, des célébrations comme des petits plaisirs du quotidien. Le qottab est traditionnellement frit à l'huile, et pourtant sa légèreté et sa finesse vous surprendront agréablement.

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Ghahve Yazdi : le café de Yazd

Le Ghahve Yazdi, connu comme le "café de deuil", est une boisson traditionnelle de la ville iranienne de Yazd. On le boit traditionnellement le troisième jour après un décès. En juillet 2019, il est entré au patrimoine culturel immatériel de l'Iran. Sa préparation est longue : elle demande de 3 à 12 heures. Il se sert dans de petites tasses, accompagné des douceurs traditionnelles de la région.